Cette étude, dirigée par le Centre d'information sur le patrimoine naturel du ministère des Richesses naturelles et des Forêts, le Programme sur les changements climatiques du ministère et l'Accord Canada-Ontario concernant le bassin des Grands Lacs, a utilisé les données de NatureServe Indice de vulnérabilité au changement climatique (CCVI) pour évaluer la vulnérabilité relative de 280 espèces du bassin des Grands Lacs de l'Ontario aux changements climatiques. L'indice incorpore un cadre qui sépare la vulnérabilité d'une espèce en 2 composantes principales : l'exposition de l'espèce au changement climatique dans le bassin des Grands Lacs de l'Ontario et sa sensibilité/capacité d'adaptation. Les espèces évaluées comprenaient des amphibiens, des oiseaux, des bryophytes (mousses et hépatiques), des poissons, des insectes et des araignées, des lichens, des mammifères, des mollusques, des reptiles et des plantes vasculaires.
Les résultats ont montré que 175 des 280 espèces évaluées étaient vulnérables au changement climatique. Onze se sont avérés extrêmement vulnérables, 49 étaient très vulnérables et 115 étaient modérément vulnérables. Les 105 autres se sont avérés moins vulnérables. Parmi les 10 groupes taxonomiques évalués, ceux qui dépendent le plus de l'eau (mollusques, poissons, amphibiens, lichens) sont les plus vulnérables. Les plantes vasculaires et les mammifères variaient considérablement dans la vulnérabilité évaluée, tandis que les oiseaux, les insectes et les araignées, et les reptiles se sont avérés les moins vulnérables. Le facteur de risque commun à tous les groupes était la niche hydrologique historique ou l'exposition passée de l'espèce aux variations de précipitations dans son aire de répartition dans le bassin des Grands Lacs de l'Ontario (et donc sa capacité potentielle à s'adapter aux changements futurs en fonction de l'ampleur). La tolérance à la température, la capacité de dispersion, les obstacles au mouvement, la spécificité de l'habitat et les exigences hydrologiques d'une espèce sont d'autres traits importants qui contribuent à sa vulnérabilité au changement climatique.
Les résultats soutiennent le développement de stratégies de conservation adaptatives visant à atténuer les vulnérabilités identifiées. Ils soulignent également l'importance de tenir compte des changements climatiques dans la gestion des espèces en péril et la nécessité de disposer de données de biodiversité et de répartition meilleures, plus coordonnées et centralisées pour toutes les espèces dont la conservation est préoccupante, en particulier les invertébrés, les lichens et les bryophytes, pour lesquels l'information est limitée.